Partir faire du volontariat, oui mais bien !

Le volontourisme

Le volontariat existe depuis longtemps, mais au début cela était géré par des associations, comme Peace Corps, qui s’occupaient en priorité de répondre aux besoins des pays en développement par l’envoi de volontaires formés et qualifiés pour de longue durée. Cependant ces dernières années, il s’est développé le volontourisme qui est le fait de permettre aux gens de faire du tourisme tout en venant en aide aux populations locales. En conséquence, le volontariat s’est monétarisé. C’est alors un phénomène largement décrié dans le milieu du développement international.

Faire du volontariat quand on voyage, NON !

  • Payer pour aider

Le volontourisme est décrié car il monétarise le développement international et le volontariat qui est à l’origine à but non lucratif. Des associations dites de volontariat recherchent alors des personnes pour partir dans les pays du sud pour aller donner un coup de main. Cependant, ces organisations font payer des personnes désireuses de partir, ces coûts varient selon les organismes, mais c’est quelque chose qui n’est pas cohérent avec le principe même du volontariat. Pour aider, on ne devrait pas avoir à payer. Ces entreprises commerciales reprennent le concept de l’humanitaire pour en faire un business. Peu de l’argent perçu par l’organisme sera alors reversé à l’établissement d’accueil. Ces organismes font donc de l’argent sur le dos des bons sentiments car les gens qui veulent partir sont en général pleins de bonnes intentions et sont dans une démarche fondamentalement bonne. Et puis en y réfléchissant, si l’on vous demande de payer pour faire du volontariat dans un orphelinat ou une école, ces organisations en encaissant votre argent ne profitent-elles pas de la situation de ces enfants pour faire du profit ? Ne font-elles pas du profit sur le dos de ces enfants ?

  • Et l’éthique alors ?

Cela pose aussi des problèmes éthiques. La misère, la pauvreté et les pays du sud deviennent alors des parcs d’attractions, et souvent les missions se font selon ce qui est vendeur, selon le souhait des volontaires, et ce qui marchera le plus auprès d’eux ; et non selon les besoins du pays d’accueil. Il existe des tas d’exemples de choses faites (murs, puits, etc) par des volontaires, non acceptés par la communauté locale, et reconstruits par la suite ou laissés à l’abandon.

De même, dans certains pays, cela installe la politique de l’assistanat qui veut qu’un gouvernement délègue ses responsabilités souvent en matière d’éducation ou de prise en charge de l’enfance à la société civile (aka le milieu associatif et le milieu de l’aide internationale) et n’y fait pas face car il sait que des ONG feront le travail à sa place via des envois de volontaires. Au Cambodge par exemple, des orphelinats sont montés de toute pièce pour accueillir des volontaires et alors recevoir de l’argent de l’entreprise et du gouvernement, alors qu’il n’y a pas le besoin de créer d’orphelinat. Des enfants sont donc dits orphelins alors qu’ils ont des parents vivants. 74% des enfants dans les orphelinats au Cambodge ne sont pas des orphelins, ce chiffre parle de lui-même, non ? ou encore 3/4 enfants dans les orphelinats au Cambodge ont un ou leur deux parents vivants, selon l’UNICEF.

En lien avec la politique d’assistanat, est l’impact sur l’économie locale. Ne vaudrait-il pas mieux engager un professeur localement et l’aider à améliorer son niveau de langue avec un partenariat avec les pays du nord anglophones par exemple ? De même, les volontaires qui viennent construire, ne serait-il pas mieux qu’ils laissent leur place à des travailleurs locaux qualifiés ?

  • Le blanc, ce sauveur

Cela pose aussi le problème des habitants des pays du nord venant en aide aux habitants des pays du sud, dans une optique de sauver le monde, de leur apprendre ce qu’ils ne savent pas, de leur montrer comment on fait, et comment on le fait mieux qu’eux, de leur inculquer des valeurs qui ne sont pas les leurs, et un mode de vie occidental qui n’est pas le leur. Souvent le volontaire peu préparé se trouve et se place dans le rôle du sauveur. Soigner un bobo à l’aide d’un pansement vous fait passer pour un médecin aux yeux de tous alors que vous n’en avez pas la compétence. Il y a cette idée de mieux faire. On parle alors de nouvelle forme de colonialisme ou alors d’une forme d’aide extrêmement condescendante.

  • L’humanitaire est un métier

D’autre part, cela entraine la déprofessionnalisation du secteur humanitaire. Pour aider il ne suffit pas de vouloir aider. Il faut aussi les qualifications et les capacités pour. L’humanitaire est un métier. On a souvent pour la plupart un bac +5 et des années d’expériences sur le terrain. C’est souvent soulevé lors des catastrophes naturelles où les gens veulent juste enfiler leurs baskets et aller donner un coup de main pour enlever les gravats – sauf que ces personnes sont une charge en plus à gérer pour les professionnels sur le terrain. Ils sont sous leur responsabilité et il faut les garder en sécurité, les nourrir, les abriter alors que ces professionnels ont bien souvent plus important à faire. On ne cesse de répéter que dans ce genre de situation, il est mieux d’apporter son aide depuis chez soi, par des dons d’argent mais aussi de matériels de première nécessité.

Envoyer des touristes sur le terrain sans qu’ils aient de compétences ni de qualifications, et sans connaissance du contexte socio-politique et géopolitique, décrédibilise souvent l’action des organisations internationales et les ONG. Souvent cela ne sert pas non plus la population. Tout comme cela ne sert pas aux enfants d’apprendre toutes les trois semaines l’alphabet, ou l’heure, ou la célèbre « head shoulder knees and toes ». Vous auriez aimé vous à l’école changer de professeur toutes les trois semaines ?

  • La pérennité

Un autre avis soulevé par les « humanitaires » est le fait que pour une action durable et efficace, il faut une action qui s’inscrive sur le long terme. Un volontariat de quelques semaines, voire quelques mois ne suffit pas. Certains parlent d’actions « cosmétiques » qui n’ont pas un réel impact sur la vie des populations locales mais qui existent pour faire venir les volontaires, cela rejoint le point sur le commerce de l’humanitaire. Il a été demandé aussi si le volontourisme ne serait pas un des maux de notre société, cette société qui veut tout faire et vite. Sauf que dans le développement, il faut du temps, et beaucoup de temps.

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Volontariat avec des enfants, NON NON et NON !

Il est important d’insister sur les missions de volontourisme avec des enfants, car ce sont la majorité des volontariats représentés. Qui ne connait pas quelqu’un qui est allé donner des cours de langue dans un pays en développement, ou faire de l’animation dans un orphelinat ?

C’est alors là que le volontourisme porte le plus préjudice.

Les enfants souvent sont des enfants en difficulté, venant de milieux difficiles ou pauvres avec une histoire souvent lourde. Avoir un volontaire auquel ils s’attachent pour quelques semaines, et qui repart, impacte négativement leur développement avec notamment des troubles émotionnels. Des études de l’UNICEF montrent le préjudice moral qui pèse ensuite sur ces enfants. Malheureusement aussi, quand cela touche aux enfants, on peut voir le pire comme le meilleur, je parlais de faux orphelinats créés, de structures non enregistrées qui encouragent la corruption, la traite d’enfants, mais il existe aussi tous les problèmes relatifs aux abus sexuels sur ces enfants. Aucun backup n’est fait sur les volontaires, on ne leur demande pas de preuves concernant leur casier judiciaire.

« Si tu étais un prof sans compétence chez toi en Angleterre ou en France, est-ce qu’on te laisserait débarquer dans une école et commencer à enseigner à une classe pendant deux semaines ? »

Je reviens aussi sur la problématique du volontariat en tant que professeur. Comme cité plus haut, souvent les volontaires s’engagent sur une courte durée, allant de quelques jours à quelques semaines, voire quelques mois. Il existe, il est vrai, un réel manque d’enseignants dans beaucoup de zones rurales de pays en développement (comme des pays développés) et notamment de langues étrangères (l’anglais devient nécessaire en Asie du Sud Est par exemple avec l’expansion du tourisme et l’ouverture des frontières souhaitée par l’ASEAN). Cependant, un volontaire qui vient trois semaines, et refait le programme déjà fait par un précédent volontaire, est-ce vraiment utile ? Il existe souvent peu de coordination entre les nouveaux arrivants et ceux qui partent. C’est aussi le risque que ces enfants aient un professeur d’anglais pour trois mois et après plus rien, jusqu’à la fin de l’année, chose que vous n’auriez pas toléré lors de vos études, ni vos parents et que vous ne tolérerez pas avec vos enfants. Alors pourquoi le tolérer dans les pays en développement ? sous prétexte qu’eux sont plus démunis que vous ? (et là, encore je ne m’étalerai pas sur la question qui est tout à fait relative, ces pays et leurs habitants regorgent de richesses que peu voient du fait qu’ils cherchent les richesses qu’ils connaissent).

De même, accepteriez-vous qu’un professeur non qualifié vienne enseigner à vos enfants ? Quelqu’un à qui on demande seulement un niveau B1 en anglais (niveau début de lycée) quand on sait qu’en France pour enseigner, il faut minimum un master ?

Le volontourisme, une démarche altruiste ou égoïste ?

« Faire du volontourisme, c’est une contradiction bizarre entre de l’égoïsme et de l’altruisme »

Certainement un peu des deux.

Une des premières critiques qui a été faite au volontourisme était les motivations des touristes. Tout d’abord concernant la destination mais aussi les activités à faire. Comme dit précédemment, les « tours opérateurs (aka organisations dites de volontariat) construisent les missions dites humanitaires sur les envies du volontaire et sur les destinations phares du moment – qui n’aimerait pas en profiter pour visiter Bali en même temps, ou les Bahamas, ou le Cambodge, et puis les Philippines c’est aussi drôlement joli – et non sur les besoins du terrain, de l’organisme d’accueil. Quand on parle avec de jeunes volontaires, on entend  beaucoup que c’est un devoir d’aider car ils sont plus chanceux, ils se sentent redevables d’avoir pu aller à l’école par exemple. J’ai déjà lu, « les enfants ont la chance de t’avoir » ou « c’est super pour les enfants ». L’idée est dérangeante. La question à se poser en premier est de savoir si une aide est vraiment demandée, et si oui quelle type d’aide et puis comment aider.

Le volontourisme s’est développé car il ne semble plus suffisant maintenant d’être un simple touriste. Avec la circulation de l’information et le développement d’internet, la misère, la pauvreté de ces populations pourtant lointaines sautent aux yeux et les gens, notamment les plus jeunes, veulent faire quelque chose. L’idée est très bonne, les intentions sont louables. Mais je crois qu’il est important de se concentrer sur ce quelque chose, pour que ce quelque chose ait le plus d’impact et soit le plus sain possible, pour soi-même et pour ceux à qui on veut venir en aide.

Cela reste une question ouverte et très complexe, et je trouve important de la poser là, pour ceux qui sont déjà partis mais aussi pour ceux qui souhaitent partir.

1c2a1edb3e58c35fddc3ccbd7c4e9e8bFaire du volontariat, non. S’engager, oui !

C’est peut-être moins glorifiant mais regardez à côté de chez vous, engagez-vous dans des associations qui vous tiennent à coeur, faites-y du volontariat régulièrement, votez, faites du lobbying, aidez dans les activités de plaidoyer, faites des dons à de « bonnes » ONG, faites du volontariat régulièrement chez vous.

Ne vous engagez pas pour trois jours, une semaine, un mois. Si vous voulez vraiment faire du volontariait, faites-le à long terme, et avec une association reconnue, une à qui vous faites des dons depuis longtemps, mais pas la première venue parce que tu comprends, faut que je fasse ma BA pour l’année 2016.

Il existe des systèmes de volontariat reconnus, comme le Volontariat de Solidarité Internationale (VSI), le Service Civique, le Service Civique Européen, les Congés de Solidarité, les Volontaires des Nations Unies, les Volontariat en Entreprise (VIE) ou en Administration (VIA), etc. Beaucoup d’ONG recherchent aussi des bénévoles pour aller rendre visite à des enfants à l’hôpital, pour aider avec les migrants, pour passer du temps avec des animaux, etc.

Avec toutes ces activités, vous avez plus de chance d’avoir un impact qu’en trois semaines sur le terrain, et surtout vous ne prenez pas le risque de faire plus de mal que de bien.

Et puis, si vraiment vous êtes un peu trop têtu, une des premières règles à suivre, c’est de ne pas payer. Rien du tout. Du moment où l’on vous le demande, alors vous tombez dans la machine commerciale du volontourisme.

Une autre des règles d’or est de ne tout simplement pas faire de volontariat avec les enfants. N’allez pas vous présenter dans toutes les écoles, orphelinats que vous rencontrez sur votre chemin pour toutes les raisons sus-mentionnées. Un enfant n’est pas un jouet ou une marionnette, une école ou un orphelinat n’est pas un musée. On ne vient pas visiter votre maison et vous demander si on peut donner un coup de main pour le ménage. Vous imaginez un tourisme japonais vous demander de garder vos enfants parce que, vous comprenez il faut que je me sente utile en plus de voyager ? Vous auriez accepté cette situation pour votre petit-e frère, soeur ?

« Pourquoi existe t-il cette conscience dans l’industrie du tourisme qu’il est acceptable de le faire dans un autre pays (alors que cela ne l’est pas dans le sien) ? »

Children-are-not-tourist-attraction-banner *Toutes les citations sont tirées du film, The Voluntourist de Chloé Sanguinetti 

46 comments

  1. Merci de ce texte qui décrit si bien ce que je pense. Comment penser que parce que nous sommes blancs nous allons forcément être utiles à faire des choses que les locaux feront bien mieux que nous (construire un mur ou creuser un puits).
    Je suis maman adoptive de quatre enfants (maintenant adultes) et chacun à notre niveau participe à donner de son temps (au Secours catholique local) et de son argent (parraînages d’enfants dans leur pays d’origine). L’une de mes filles a été parraînée avant de pouvoir être adoptée et elle sait combien cela lui a été utile, elle peut communiquer là-dessus et c’est un vrai retour d’informations qui est rarement possible.
    C’était un organisme qui gérait cela et les enfants sont suivis et accompagnés par leurs donateurs pendant des années ce qui permet de vrais projets et un réel engagement dans le temps. Pour nous cela a même été plus loin puisque la demoiselle est aussi devenue notre fille mais ce n’était pas initialement le but.
    A une époque qui fait valser tous les anciens idéaux savoir réfléchir à notre but dans la vie sans se soucier d’effets de mode (ceux que j’appelle les Sauver l’Afrique) et se mettre en phase avec les vrais besoins humains, ceux des autres et les nôtres est le vrai challenge.

    1. C’est effectivement un vrai challenge mais je crois aussi que c’est un challenge qui vaut le coup de se poser de telles questions. Mais il faut bien se les poser, et prendre le temps d’y répondre. Il faut penser aux autres avant soi, et à notre impact, aux conséquences sur le long terme alors que l’on voit souvent pas plus loin que le bout de son nez et l’instant T 😉

  2. Contente de lire ton avis sur le sujet Fabienne. Je trouvais au départ l’idée intéressante. Partir aider pour construire une école, un dispensaire, apporter des colis. Mais comme tu le souligne cette forme de volontariat est souvent réalisé au détriment des populations.
    Le volontariat, surtout auprès des enfants, des populations fragiles, est un métier. Tout le monde ne peut pas se lancer dans l’humanitaire parce que ça lui chante.
    Il y a déjà tant à faire à notre porte!
    Douce et Belle année 2016 à toi Fabienne.

    1. Une belle année à toi aussi Marie, et merci pour ce commentaire. Effectivement, quand ce volontariat se fait à l’encontre d’enfants, il faut qu’il soit professionnel, et surveillé. Souvent, les (jeunes) gens qui viennent en aide ne pensent pas aux conséquences, aux troubles que cela peut causer aux enfants. Effectivement il y a tant à faire à notre porte et aider à l’international n’est pas incompatible mais il faut bien le faire et se poser les bonnes questions, avec les bons intermédiaires. Cela demande du temps, de la réflexion, du recul et un certain esprit critique 😉

  3. Totalement d’accord avec ton article!
    Je pars faire le tour du monde en octobre 2016 et je voulais faire de l’humanitaire/ du volontariat! Tout était un peu mélangé dans ma tête! Et j’ai découvert ce que tu décris dnas ton article, du coup j’avoue je ne prevois plus trop et je verrais sur place je pense!
    tres bon article!

    1. Merci Elisabeth pour ton commentaire. Je suis assez contente que tu ai vu de toi-même les problèmes de cette pratique. J’espère que cet article a pu t’éclairer un peu plus. Bon voyage !

  4. Bonjour,

    C’est très rare que je donne mon avis sur un blog, mais après lecture de votre texte j’eu envie de partager quelque mots. Je suis argentine, j’habite en France depuis 10 ans et j’ai voyage pendent 3 ans autour du monde. Je ne jamais fait de volontariat, ça ne m’a jamais venu a l’esprit, et non parce que je ne voulais pas aider mais sinon pour touts les choses que vous avez décrit ci-haut. Du commerce pour ces touristes qui veulent  » faire du tourisme cool et avec la conscience tranquille » Pendent mes voyage je pu remarquer que les voyageurs n’ont pas un esprit très ouvert, çà dois être comme « chez eux ». Une démarche égoïste, juste comme ils mène leur vie dans leur pays d’origine.
    Merci pour votre texte.
    Bonne année 2016

    1. Merci Marie ! Une très bonne année à vous aussi et un grand merci pour avoir pris le temps de laisser ce commentaire pertinent !

  5. C’est amusant, j’étais justement hier sur des sites de volontariat pour essayer d’en faire quelques mois et ça m’a tout bonnement dégoûtée du principe – surtout, je l’avoue, parce qu’il me semblait aberrant de devoir payer pour aller aider – ton article me confirme mes impressions.

    Cependant j’ai quelques remarques à faire sur ton article: premièrement il faut effectivement un master pour passer les concours de prof en France EN REVANCHE l’éducation nationale n’hésite pas, et a recours de plus en plus souvent, à ce qu’on appelle des contractuels, qui n’ont qu’une licence et pas forcément dans la matière qu’ils vont enseigner, ils sont utilisés à titre de remplacement de 2 semaines à 1 an, et n’ont aucune compétence de terrain, aucune formation. Donc cette façon d’enseigner existe aussi en France et devient la norme. C’est absolument scandaleux et cela témoigne bien de l’estime qu’on porte à l’enseignement…

    Ensuite je tiens à dénoncer aussi les volontariats officiels: Services civiques, SVE, … qui sont autant de façon d’exploiter des jeunes sans travail et avec des diplômes et des compétences. Certes, il n’est pas indiqué qu’il faut payer lorsqu’on fait ce genre de volontariat. Mais comment vis-ton avec une paie de 150€ par mois en travaillant de 30 à 40h par semaine? Car c’est le cas pour de nombreux SVE, certes les volontaires sont logés, mais le coût de la vie est trop cher pour la paie et on se retrouve à nouveau à payer pour travailler.

    1. Ton commentaire est pertinent et l’article est fait pour ça, pour échanger. Je te rejoins pour l’éducation nationale, qui manque d’enseignants et qui recrutent des gens sans master mais avec une licence. Je trouve malgré tout qu’il reste une différence importante entre ces jeunes de 18 ans tout juste sorti du lycée et les professeurs recrutés de l’éducation nationale. Quant à l’enseignement, en ayant vu certains budgets d’autres pays dans ce rayon, j’ai envie de croire qu’on est pas si mal que ça même si bien sur, on pourrait faire mieux.
      Quant aux « volontariat » officiels, je trouve que leurs fonctions primaires sont détournées et c’est un problème, et les ONG sont les premières coupables. Un service civique n’est normalement pas destiné à quelqu’un avec un bac+5 et la personne en SC n’est pas censée avoir des responsabilités, c’est une première entrée dans le monde du travail, un coup de pouce mais on ne devrait pas y trouver des postes de coordination de programmes, chargé de projet etc qui sont normalement réservés pour les VSI, VIE qui eux sont payés plus, avec des conditions élargies (logement, billet d’avion payés etc). J’ai pour ma part toujours refuser les SC quand le salaire ne me permettait pas de vivre dans la ville en question notamment à Paris (cela est faisable si on continue a vivre chez nos parents). Malgré les améliorations que cela nécessite, ces services sont encadrés par la loi, les postes demandés par les organismes d’accueil, les impacts, les conséquences de l’aide connus, le volontaire est suivi. On est loin du volontourisme même si cela n’est pas parfait 😉

    2. Je me permet de réagir sur les volontariats rémunérés telque les VSI, SC….
      La plupart de ces offres sont fait pour des professionnels débutants. Le marché de l’humanitaire est très concurrencielle, il est dur de trouver des premières offres pour se faire de l’expérience et pouvoir monter en compétence et trouver du travail plus facilement. C’est pourquoi beaucoup prennent ces offres.
      Concernant les salaires, il ne faut pas oublier non plus qu’on va être dans une équipe locale ou vous seriez surement parmi les mieux rémunéré (même avec 150-600€/mois…). Il faut faire avec les conditions de salaire locales même si elles ne permettent pas de vivre d’après le standard minimum français. Bien sûr, c’est génial d’avoir la clim, l’eau chaude et d’aller au restaurant tous les jours. Mais si les locaux peuvent pas se le permettre en quoi est-ce que ça devrait être notre lot quotidien parce qu’on est blanc?
      Ensuite, il faut prendre en compte que dans de nombreux pays le coût de la vie est bien inférieur. Je vis actuellement avec 150/200€ en Thaïlande loyer compris (contrat de travail local) et je ne dépense pas tout mon salaire… Je vis comme mes collèges, confortablement et en me faisant des petits plaisirs avec eux (excursions, restaurants…). Mais je n’ai ni la clim,, ni une vraie douche ni l’eau chaude, je ne voyage pas tous les week-ends. Je vis sans exces. Mais je ne voudrais pas avoir plus : je ne vois pas en quoi je devrais être payer plus que mes collèges expérimentés.

  6. C’est un article vraiment très intéressant que j’ai lu d’une seule traite alors que quand j’ai vu sa taille j’ai un peu pris peur, mais il était vraiment très intéressant. C’est fou que la majorité des enfants des orphelinats du Cambodge aient des parents… mais les parents savent et en profite ou bien on a volé leurs enfants pour remplir les orphelinats ?

    Je crois que tous ces problèmes arrivent par méconnaissance, et parce qu’en tant que Français on a une mentalité très universaliste et très colonialiste au final, ajouté au fait que depuis quelques années c’est bien vu d’aider, il y a toutes sortes de campagnes à la TV, sur les réseaux sociaux…

    1. Merci beaucoup Melgane ! J’avais effectivement un peu peur que cet article soit un peu indigeste vu sa longueur mais je suis contente que ce ne soit pas le cas. Concernant les enfants dans les orphelinats, qui ne sont pas orphelins, les situations sont diverses et variées, la plupart du temps les enfants sont placés car les parents n’ont pas les moyens de s’en occuper. On a pu aussi promettre aux parents pauvres une meilleure éducation, un meilleur suivi de la santé, etc. Souvent ces faux orphelinats profitent qu’aux personnes qui les ont crées. Il est effectivement bien d’aider, je ne vais pas dire le contraire :) Mais je crois aussi que ce qui se développe depuis quelques temps est que c’est bien vu d’aider, cela passe mieux dans un Cv, dans notre cercle d’amis « non tu sais, j’ai voyagé trois mois en Asie mais j’ai fais une semaine dans un orphelinat », et on oublie souvent la pertinence de l’aide que l’on apporte, son impact, ses conséquences. Il s’agit oui surement de méconnaissance, des campagnes d’ONG, de personnes dans le milieu de la solidarité international se développent, en espérant que cela aide à améliorer les choses :)

  7. Quel merveilleux article, je partage énormément de tes sentiments sur le sujet et j’ai d’ailleurs une vidéo écrite à ce propos qui sera montée dans les mois à venir, (je ne manquerais pas de renvoyer à ton article si cela ne te dérange pas car il est très bien construit) et ces recherches m’ont en effet confortée dans mes choix.

    C’est merveilleux de vouloir aider autour de soi et d’être sensible à la souffrance humaine ou animale, mais il ne faut pas agir par égoisme, parce qu’on se sent impuissant et que ça NOUS fait du bien d’aider, cela notamment quand des enfants peuvent sont impliqués (un parallèle : quand on voit que les enfants placés sont perturbés de changer de familles tous les 2/3 ans pour éviter qu’ils s’attachent trop et des souffrances que cela engendre, il est évident que changer tous les 3 mois de volontaires dans les orphelinats n’est pas toujours quelque chose de sain pour ces enfants. C’est même assez cruel de les laisser s’habituer pour leur enlever rapidement une personne en qui ils avaient confiance).

    Malheureusement, de la souffrance il y en a partout, s’engager demande beaucoup de temps surtout quand ce n’est pas son travail. Chacun aide comme il peut et ce n’est pas une honte. Certes c’est moins glamour que le Cambodge, mais rien que dans notre rue/immeuble des gens ont besoin d’aide (ne serait-ce que les personnes agées qui ne peuvent plus faire leurs courses.. ça prête à sourire mais c’est du concret et ça aide vraiment sans engendrer de dépendance).. Sur l’international, on peut agir mais cela demande de nombreuses recherches et précautions, et de toujours se référer aux autorités officielles compétentes pour éviter ce tourisme de la bonne volonté plus tourné vers soi que vers l’autre (même si bien entendu les intentions sont très louables et qu’il faut de la volonté pour agir ainsi). Je m’emmêle un peu les pinceaux, navrée mais je te tenais à te remercier pour cet article. Je t’ai découvert par le commentaire que tu m’as laissée et je suis ravie de cela, je prends beaucoup de plaisir à te lire. Bises. (Désolée des éventuelles fautes, c’est dimanche, je suis sous le plaid aka flemme immense de me relire).

    1. J’espère que tu as bien profité de ce dimanche au chaud sous ton plaid et ne t’en fais pas pour les fautes, je n’y ai meme pas fait attention s’il y en a. Merci beaucoup pour ce commentaire très juste et bien évidemment, aucun soucis pour mettre un lien de mon article quand ta video sortira, je serais d’ailleurs curieuse de la voir :) Comme tu le dis si bien, les intentions sont louables et cela fait preuve de beaucoup de bonne volonté, cependant notamment quand on intervient auprès d’enfants, cela n’est pas suffisant, il faut se poser la question de l’impact, de la réelle nécessité de l’aide, des conséquences et penser à leurs besoins avant les nôtres 😉 Bises et encore merci !

  8. […] – Blog d’une ancienne expatrié au Cambodge : http://www.jaiecrit.com/2016/01/05/partir-faire-du-volontariat-oui-mais-bien/ […]

  9. Très très chouette article! Bravo!

    1. Merci Maïa ! :)

  10. Merci vraiment merci pour cet article . J’aime énormément ton point de vue qui m’a permis d’éclaircir le mien sur tout cela. Merci !!

    1. Merci beaucoup Julie et je suis très contente si cela t’a permis d’y voir plus clair. N’hésites pas en tout cas si tu veux en discuter ou si tu as des questions !

  11. Très bel article, tout en nuance. Je trouve que lorsque l’on parle d’humanitaire on tombe très vite dans des avis hypers tranchés voire dogmatiques à mon sens. On sens réellement que tu as réfléchi à la question et je pense qu’en effet certaines personnes font celà pour se donner bonne conscience. Me concernant, la cause des enfants me tient également à coeur mais j’ai préféré être bénévole à Paris pour l’Unicef (nous organisions les supports de com pour les plaidoyers, des galas pour récolter des fonds), malheureusement j’avoue que je ne l’ai pas fait sur un très long terme car mon boulot a fini par prendre le dessus. Tu as surtout raison de dire que l’Humanitaire est un métier !

    1. Je vois que nous avons des points communs dont cet engagement pour la cause des enfants. J’ai trouvé important de le préciser tant de fois on m’a demandé si je touchais un salaire, si je vivais dans un coin paumé sans eau ni électricité, si je portais des sacs de riz, si je comptais en faire mon métier. Parce que finalement, j’ai le même niveau d’études qu’un ingénieur et les gens ne comprennent pas et souvent ne s’en rendent même pas compte. A la fac, on était d’ailleurs un peu considéré comme les hippies de service :/

  12. Bel article plaint de bon sens, même si je ne suis pas d’accord à 100% avec tous ce que tu dis. Le « blanc qui sauve le reste du monde » c’est un peu réducteur car en Afrique du sud aussi tu as des gens qui s’engagent dans du volontarisme, & il n’y a pas qu’en Afrique que les gens partent aider .. Les pratiques, surtout monétaires, appliquées par des « organismes » scrupuleux à mes yeux sont un des principauxfléaux de ce « voyageurisme », et sur ça je te rejoins parfaitement. Payer pour partir quand cet argent n’est même pas utilisé à des fins humanitaires … non merci !
    Deuxième profil « type » : celui qui part un mois en vacances, et qui pour soulager sa conscience ou se rendre utile, ou se faire héberger gratuitement (malheureusement aussi!) devient bénévole. Alors ils diront « vaut mieux aider un peu, que ne rien aider du tout ». Je pense comme toi qu’il vaut mieux aider de loin, et aider mieux ! Mais généralement ces profils sont assez reconnaissable, et au fond d’eux ils doivent bien savoir qu’un mois sur place ne changera pas grand chose ! Ces personnes pensent plus à eux qu’aux autres tout simplement !

    Je pense qu’il faut simplement se poser la question de pourquoi vouloir faire du bénévole, à tout prix ? Et ce qu’il apportera aux autres tout comme à nous-même ! Est-ce qu’à notre retour chez nous, notre comportement changera face à « toute cette misère du monde » ? Si c’est pour reprendre notre train-train consumériste, je ne comprends pas cette envie, et là je reprend ton mot, d’être « un sauveur » ..
    Personnellement j’ai très envie depuis longtemps de partir en mission, je n’ai jamais sauté le pas encore, j’attends le vrai bon moment, et pas juste un coup de folie ou de caprice. Je me connais, et sais combien je suis sensible et risque de ne peut-être jamais revenir. Si je pars, je veux partir l’esprit tranquille, sans me dire que j’ai un mois top chrono pour changer le monde, et partir gaiment prendre des photos !
    Ce sujet est en tout cas très délicat.
    Difficile d’interagir en commentaires, tant on pourrait en parler des heures et des heures ! 😉

    1. Merci Amelie pour ton commentaire très intéressant. Cependant quand je parle du blanc sauveur, c’est une image et évidemment, je ne fais pas référence qu’à l’Afrique pour surtout avoir connu cette pratique en Asie (elle est très développée avec le nombre de backpackers qui est élevé) et évidemment que la couleur de peau n’a rien à voir dans l’histoire, je parle de blanc plutôt dans le sens, celui qui vient du monde occidental 😉 Je parle de « sauveur » dans le sens où sur place et même avant de partir, on peut se sentir dans cette position, les locaux, nos amis peuvent nous y mettre sans forcement penser à mal, mais à partir de là, à partir de moment où se sent supérieur, se pose dans telle position, la pratique de l’aide pour moi est biaisée, même si l’intention est louable :) Malheureusement les gens partant aider avec ce type de pratique se pose peu la question de leur impact, de leur efficacité et de la nécessité de l’aide, questions qui sont primordiales d’être posées avant toute démarche. Effectivement, c’est un sujet délicat et il vaudrait plus qu’un article de blog et des commentaires, mais je me dis que c’est déjà un bon début, et si on a l’occasion de se rencontrer un jour, alors je serais heureuse d’en discuter plus longuement avec toi.

  13. Cet article me parle beaucoup ! après une expérience il y a quelques années, qui n’était pas exactement du volontariat mais qui y ressemblait, je partage complètement ton diagnostic et je pense qu’il est urgent que la jeunesse européenne notamment prenne conscience que trop souvent, ce qui l’attire c’est faire un beau voyage en ayant bonne conscience.. mais qu’elle fait ça pour elle (ce qui peut se comprendre) sans se poser la question de la réelle utilité locale, et pour le pays en général. Comme on dit, l’enfer est parfois pavé de bonnes intentions !

    1. Cettes phrase est le résumé parfait de cet article. La réelle question quand on souhaite aider c’est de savoir si on le fait de la bonne manière et trop souvent, on oublie de se poser cette question. Merci pour ton commentaire !

  14. Je découvre ton blog avec beaucoup de plaisir ^^
    super ton article

    1. Merci pour ton passage par ici :)

  15. Cet article remet les idées en place. Merci beaucoup.

    1. Merci beaucoup Emilie !

  16. Cet article est d’une pertinence ! Tu as réussi à mettre les mots sur quelque chose que je n’arrivais moi même pas vraiment à définir.
    Et tu ouvres aussi beaucoup de nouveaux points de réflexions, des questions que je ne m’étais pas encore posées, notamment sur les troubles émotionnels des enfants qui doivent quitter les volontaires auxquels ils se sont attachés pendants quelque semaines.

    Je pense que le problème principal des gens qui participent à ce type d’actions, c’est le manque d’informations. C’est par exemple la toute première fois que j’entends parler des  » faux  » orphelinats au Cambodge. Après je ne suis pas quelqu’un de spécialement bien informé sur la question, mais je pense que je correspond à la norme. Du coup je suis presque sûre d’être un échantillon représentatif du français moyennement informé B-)

    Enfin bref, encore quelques pistes de réflexions s’ouvrent à moi grâce à toi, et je t’en remercie :)

    1. Merci à toi, je suis ravie de voir que cet article peut ouvrir des pistes de réflexions et permet de se poser des questions auxquelles on avait pas forcement pensé 😉

  17. Coucou
    Superbe article, assise sur ma chaise je commentais à voix haute des « grave vrai »,  » mais bien sûr » etc…
    Les touristes qui veulent soulager leur conscience pendant 2 semaines en voyage j’en ai vu partout partout. Les mêmes qui accessoirisent les petits enfants en les prenant quasi de force dans leurs bras pour LA photo qui sera posté sur Facebook, zoomant à 2 millimètres de la maman qui bosse avec ses bébés dans le dos (dédicace à tous ces C… de touristes à Sapa, dans le nord du Vietnam qui se croyaient à Eurodisney pendant que les locaux ne VIVAIENT, RIAIENT, BOSSAIENT). Beaucoup ne se rendent pas compte que ce n’est pas parce que les gens ne vivent pas comme « nous » qu’il faut les juger, en rire, les infantiliser. Je m’égare, ce n’est pas le sujet du post…
    Commençons par balayer devant nos portes, s’engager dans des associations à coté de chez nous sur le long terme et pas jeter l’éponge au bout d’1 jour. Bravo à ceux qui s’engagent dans du vrai volontariat, un vrai job, une véritable implication sur le long terme à coté ou à l’autre bout du monde.

    1. Merci Charlie pour ton commentaire, je remarque que malheureusement on a pu être témoin de situations similaires qui comme tu le dis si bien, sont dignes de fête foraine et aller visiter un autre pays, n’est pas aller à la foire, mais aller vers l’autre, essayer (et je dis bien) essayer de le connaitre et de connaitre sa culture sans forcer une photo, une pose, une attitude qu’on aimerait avoir sur une photo, qu’on aimerait avoir vécu parce que c’est ce qu’on a pu voir ailleurs, parce que c’est un cliché.

  18. Dis, c’est quand que tu reviens faire un tour par ici ? Tes articles me manquent beaucoup … :) J’espère que tu vas bien

    1. Ton commentaire m’a tellement touché, merci <3 (surement l’un des plus chou que j’ai reçu par ici)

  19. J’ai appris beaucoup de choses
    Merci pour cet article complet et bien argumenté
    J’aurais rêvé faire ça mais, je pense qu’il faut s’engager en prenant en compte tout ce que tu as pu dire comme variable, partir dans ce genre de missions c’est partir avec une bonne raison, pas pour visiter le pays et publier des photos partout pour dire qu’on est la bas en vacances quoi :)

    1. Merci Mademoiselle. Chaque projet de volontariat est unique et se réfléchit longtemps. Ce n’est pas un coup de tête, non plus une simple envie d’aider, ou de se retrouver, ou d’aller vers l’autre. C’est un projet beaucoup plus complexe et j’espère effectivement qu’avec cet article, des pistes de réflexion pourront être ouvertes, de nouvelles questions aussi et une remise en question même légère sur comment voyager ailleurs, hors des sentiers battus, hors de son confort. Comment voyager et aider, et comment surtout, bien aider 😉

  20. Bonjour, très intéressant article ! Moi qui envisageait de faire du volontariat je vais y réfléchir à deux fois avant de m’engager ….
    En revanche, une précision : le volontariat en entreprise (VIE) et le volontariat en administration (VIA) (que tu cites dans « systèmes de volontariat reconnu ») ce n’est PAS DU TOUT du bénévolat ! C’est un système par lequel des diplômés de grandes écoles peuvent partir dans des boîtes françaises à l’étranger, avec un bon salaire et toutes sortes d’avantages … Exemple apprenti trader à la société générale à Hong Kong. Pas vraiment la même chose, n’est-ce pas ? Je crois que le nom vient du fait que tu es « volontaire » pour aller travailler à l’étranger, mais du coup ça porte à confusion.

    1. Bonjour et merci pour ton commentaire Baram.
      Peut-etre le sais tu déjà, en France, il existe une différence claire et législative entre bénévolat et volontariat. Je parlais du VIE et VIA au même titre que le VSI, Service Civique, Service Civique Européen que je connais, qui ne sont pas non plus du tout du bénévolat, mais bien du volontariat.
      On est rémunéré ou indemnisé comme la loi le précise, on a de vraies responsabilités, un contrat, des heures de travail, des congés payés. Ce n’est pas le même type de volontariat dans le sens qu’il ne s’effectue pas dans le milieu associatif notamment pour les VIE (mais il peut par exemple pour les VIA, s’effectuer dans les ambassades avec par exemple, de la gestion de l’aide au développement, gestion des projets découlant de cette aide) mais c’est bien du volontariat avec des différentes mises en oeuvre 😉

  21. Votre article est très pertinent, cependant j’avoue le trouver un peu dur.. Premièrement, je pense que l’une des choses les plus importante si l’on veut partir en volontariat est l’association avec laquelle on part. Je connais des associations de petite taille, tout à fait transparentes, et s’il faut payer pour faire du volontariat, cet argent est déversé au structures qui accueille les volontaires ou investit pour faciliter leur quotidien (nouveaux lits, panneaux solaires etc..)
    J’ai effectué un volontariat il y à quelques années, la structure qui m’a d’abord accueillie est un orphelinat. Il y a une vingtaine d’enfants et depuis petits, ils on été habitués a ce mode de vie, à ces volontaires qui viennent des quatre coins du monde et qui repartent. Aujourd’hui, lorsqu’on les écoutent, ils sont très contents de pouvoir échanger, jouer, chanter, avec des volontaires qui viennent de partout, apprendre sur les autres. Ils restent pour la majorité du temps en contact avec les volontaires qui sont partis.
    Je suis tout à fait d’accord sur le fait qu’il faut s’engager à long terme (long long terme) pour que notre volontariat puisse avoir un quelconque effet concret sur la structure qui nous accueille. Surtout avec les enfants. Je l’ai fais et j’en ai pris conscience sur place. Je me suis engagée à la suite dans cette association et depuis chez moi je fais des choses bien plus utiles pour elle que lorsque j’étais là-bas. J’y suis retournée une nouvelle fois et je suis toujours en contact et très attachée aux personnes que j’ai rencontré sur place.

    Ce que je trouve triste, c’est qu’il y à des tas de petites associations qui se démènent sur place pour faire des choses bien, des reconstructions, des actions culturelles etc, et qu’elles aient le droit à se genre d’accusations. Ce sont des personnes honnêtes et bienveillantes qui font de petites choses concrètes qui ont un impact positif pour les gens, sur leur quotidien. Après je tire cette conclusion de mon experience, toutes les ONG n’ont pas le meme état d’esprit.

    Ce qui me rend mal à l’aise (parce que je suis concernée), c’est de considérer que tous les gens qui partent faire un peu de volontariat ( et j’insiste sur volontariat et non tourisme humanitaire, car un volontaire ne « sauve » personne) sont des monstres d’égoïsme qui veulent juste prendre des photos d’enfants locaux pour les mettre sur facebook parce que « ca fait bien » et qu’ils se prennent tous pour des « sauveurs » de l’humanité qui vont mettre fin à la pauvreté etc.. Franchement, s’il y en à surement des comme ca, j’en ai rencontré beaucoup qui le faisait dans une démarche sincère et honnête, sans se montrer hautain ou au dessus des autres. Il faut vraiment voir comment cela se passe sur place car c’est très difficile à exprimer. Volontaire ou pas volontaire, le plus important c’est le comportement que l’on adopte sur place qui importe le plus. Beaucoup de touristes sont des exemples parfait de l’irrespect envers les populations locales et leurs coutumes. J’en au vu se coller à 10 avec trois appareils photo chacun à 5 metres de deux gosses pour les mitrailler de photos. Des exemples comme ca j’en ai des tas. Tout est une question de comportement sur place et de respect. Je n’ai jamais, en voyage, chercher à imposer mes habitudes, mes coutumes. Je m’adapte, j’apprend auprès de mes amis sur place leur langue, leurs habitudes. C’est un partage mutuel.

    Je me pose encore beaucoup de questions sur ce sujet. Lorsque j’ai fais ce volontariat, c’était la première fois pour moi que je partais seule et aussi loin. Je pense que d’un côté, j’ai choisis une association car j’avais peur de partir seule et que pour ce premier voyage je voulais me sentir un peu encadrée, savoir qu’il y avait du monde sur place qui m’attendais? Je suis aussi partie dans une idée de partage et d’ouverture. Apprendre auprès des autres, leur apprendre ce que je peux à mon tour. Même si j’ai conscience que mon volontariat sur place (cours d’anglais etc.) à surement eu peu d’impact sur les personnes et les enfants, je pense que tout ce qui est autour, les jeux avec les enfants, le partage de nos coutumes, de nos idées, leur offent une ouverture sur l’exterieur. Et si on part des memes exemples que vous, je pense que petite j’aurais appréciée avoir ces contacts avec des personnes de l’étranger,n comme je pense que le voyage est une très belle école pour les enfants. Je pense qu’il y à quand meme une certaine forme de richesse dans ces échanges.

    Toute cette démarche de départ en volontariat était peut etre d’abord égoiste: savoir que j’allais être encadrée sur place pour avoir moins peur de partir seule, etre en immersion directe dans la vie des locaux etc.. Mais les liens qui se sont crées sur place et depuis entre nous sont tellement fort que je ne veux pas me résoudre à cette idée simpliste. J’ai l’impression que l’on voit toujours trop noir autour de nous, sur ce qui se passe à l’étranger etc et que l’on ne se rend pas compte de toute les belles choses qui se crées également de ces échanges.

    On va peut-être me taper sur les doigts et râler parce que mon avis est finalement assez éloigné du votre, mais j’avais vraiment besoin (au vu de tout ces articles qui fleurissent) de partager mon point de vue..

  22. Merci pour ton article, c’est bien de le rappeler car ça n’est malheureusement plus nouveau. J’ai déjà lu un article à ce sujet et c’est affligeant de savoir qu’il existe par exemple des faux orphelinats !
    En revanche, je pense qu’il y a une vraie réflexion à mener de la part des ONG elles-mêmes pour répondre à cette « demande d’aider » qui part sûrement d’un bon sentiment (dans la plupart des cas). On ne peut pas juste dire à une personne « si tu veux aider tu n’as qu’à payer ». « Paie et reste chez toi » : l’individualisme et le capitalisme dans toute sa splendeur ! Une ONG a fait une pub dans ce sens pour récolter des dons, dans un style très condescendant envers leurs éventuels donateurs. Donatrice régulière pour plusieurs asso, il est clair qu’ils ne recevront jamais 1ct de ma part.
    Par ailleurs, on peut bien sûr aider chez soi, il y a tant à faire. mais pour rebondir sur les « compétences » à avoir, en France aussi on demande souvent très peu aux bénévoles et ce n’est pas décrié. Par exemple, j’ai donné à Paris des cours de français à des migrants sans avoir un master de FLE, et cela ne m’a pas choquée. Il faut surtout être ouvert d’esprit et à l’écoute, être assidu, remonter ses questions à l’association et s’entraider entre bénévoles. La même chose à l’étranger susciterait des polémiques…
    Si j’étais immigrée dans un pays étranger je serais ravie qu’un bénévole sans diplôme m’apprenne sa langue. Bref il ne faut donc pas voir du néocolonialisme partout même si malheureusement il y en a, notamment via le « volontourisme » qui est avant tout du tourisme et non du volontariat.

  23. […] pas choquée. Si vous envisagez de vous engager, je ne peux que vous conseiller de lire cet article. Fabienne est humanitaire de profession et son regard sur le volontariat – bien que je ne […]

  24. Merci beaucoup Fabienne pour cet article. J’ai toujours voulu faire de l’humanitaire mais je me suis vite aperçu qu’il fallait de vraies compétences. J’avoue avoir été frustré de ne pas pouvoir partir et aider. Puis j’ai découvert ces organismes qui te font payer pour aller aider. Généralement tu choisis à la carte ou et quand tu veux partir. Je n’ai jamais compris ce principe. Comme tu le dis, payer pour faire du Volontariat me paraît totalement démuni de sens. Je reviens d’un voyage de 6 mois en Asie, je voulais absolument aller dans des orphelinats pour aider mais finalement je ne l’ai pas fait. Au fond de moi je voulais vraiment le faire mais je sais que je n’ai pas les compétences requises. Je me suis posée la question: au final que vais je réellement leur apprendre ? Est ce que ça sera réellement utile ? J’espère tout de même pouvoir aider et donner de mon temps. En attendant, je donne chaque mois à une association en espérant que ce petit geste quotidien aide des personnes qui en ont besoin.

  25. […] J’ai écrit : blog d’une ancienne expatrié au Cambodge  […]

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