Cette fille-là

Cette fille-là

Il y a eu ma copine V. qui m’a dit que je méritais mieux que lui, mieux que ça. Je lui ai répondu que j’avais peur, peur à nouveau de souffrir. Je lui dit aussi que je me l’étais juré, que je me l’étais promis, que plus jamais. Plus jamais je n’aurai aussi mal, plus jamais je ne souffrirai autant. Et si finalement, elle avait raison, si j’étais à nouveau digne d’être aimée. Digne de ne plus être cette fille qu’il appelait en fin de soirée après quelques verres de trop, cette fille qu’il trouvait jolie mais non on n’ira pas au cinéma ensemble, cette fille qui le faisait rire mais non, on ne partira pas en voyage ensemble. Et si j’étais plus que cette fille qu’il aimait bien mais qu’il ne présentait pas à ses amis. Plus que cette chic fille qu’on voit dans le noir d’un appartement, cette jolie fille mais pas assez, pas assez pour lui tenir la main dans la rue, et pas assez pour un diner, pas assez pour qu’il se l’avoue, qu’on était quelque chose.

Plus que cette fille qui rassure, qui est là tout le temps, peu importe la gueule de bois du lendemain, ou la nuit agitée à avoir trop bu. Peu importe les coups de fil non répondus pour cause de mieux à faire. Plus que celle à qui on dit j’ai envie de toi au lieu de j’aimerais passer du temps avec toi. Plus que cette fille qui reste dans ce grand lit froid aux draps froissés parce que tu as mieux à faire, une randonnée, une sortie en mer, un rendez vous avec tes potes. Plus que cette fille avec qui tu sais que ça n’a pas beaucoup d’allure, mais que tu rappelles quand même. Cette fille qui reste derrière la porte fermée et qui continue à y croire, parce que tu l’as fait sourire, et parce qu’elle sait, parce qu’elle sent quelque chose mais que tu ne seras jamais fichu de lui dire.

Plus que cette fille dont tu cherches le corps dans la nuit mais que tu quittes au petit matin. Plus que cette fille qui se sent pas assez, jolie, intelligente, dégourdie pour toi. Plus que cette fille que tu embrasses sur le front mais que tu laisses sur un quai de gare. Plus que cette fille qui est jalouse d’Anna, Sarah, Charlotte alors qu’elle n’a aucune raison de l’être, mais que tu rends un peu moins sure d’elle. Plus que cette fille qui ne sait pas trop ce que tu veux, mais qui reste, peut-être parce qu’elle a un grand coeur ou parce qu’elle est trop gentille, ou un peu des deux. Plus que cette fille qui finit par se lasser mais que tu continues à rattraper, parce que tous les deux vous pensez pourquoi et pourquoi pas en même temps.

Cette fille que tu aimes vraiment bien, mais pas assez pour que tu dises que c’est différent avec elle. Cette fille que tu ne veux pas trop laisser partir et pourtant tu sais qu’il va falloir. Cette fille que tu apprécies, pour qui tu as de la tendresse, mais que tu malmènes parce que tu sais pas trop comment faire autrement. Cette fille que tu embrasses, cajoles, prends dans tes bras, mais dont tu ne sais pas quoi faire à temps plein, dont tu ne sais pas quoi faire après. Cette fille, pas d’un soir, un peu plus que ça, mais pas beaucoup plus, parce que tu n’es pas prêt, parce que ce n’est pas le bon moment. Cette fille avec qui tu partages rêves et envies, à qui tu te confies mais avec qui, tu n’es pas prêt à sauter le pas. Cette fille dont tu ne sais pas quoi faire, parce que ton cerveau et ton coeur disent pas trop la même chose. Cette fille que tu estimes pour de vrai, et à qui tu t’intéresses, mais pas assez, pas assez pour suffire.

Cette fille que tu finiras par laisser avec des fracas, parce que tu ne savais pas comment faire autrement, parce que c’est mieux comme ça. Cette fille envers laquelle tu t’excuseras surement un jour, parce qu’elle méritait mieux que ça, beaucoup mieux, mais peut être que ça, elle l’aura un peu oublié, un peu mis de côté, et qu’il faudra qu’elle y croit à nouveau. Qu’elle ne sera plus, juste, cette fille-là, qu’elle peut en être une autre. Qu’elle peut être cette fille avec qui c’est différent.

J’ai trouvé ma place (le développement international)

Je travaille dans le milieu du développement international ou de l’humanitaire, terme plus commun mais qui est faux. Il y a une vraie différence entre ces deux termes, ces deux domaines même si bien sur, ils relèvent tous les deux de la solidarité internationale*. C’est en lisant cet article que l’idée de l’article m’est venu. J’étais au Cambodge pour mon métier, tout comme je suis allée en Haïti pour la même raison, et Jérusalem aussi. Jérusalem a été le précurseur, je ne savais pas ce que c’était un pays en développement, la pauvreté qui vous tord les boyaux, cette même pauvreté qui vous révolte et vous donne envie de vous battre envers et contre tout. Jérusalem et ma première visite de ces populations palestiniennes oppressées en Cisjordanie, ont été ma révélation. Je ne m’étais pas trompée, j’avais fait mes études, pour ça, pour eux, pour que ces enfants aillent à l’école, que leur papa puisse aller travailler. Voilà pourquoi, les examens révisés au milieu de la nuit, les derniers sujets bouclés 5 min avant de le rendre, les nuits blanches, les « Non j’ai du travail », les « Je dois réviser », les « Oui mais seulement 5 min » , les « Oui mais seulement un verre ». Tout prenait sens, j’étais là où je devais être. Et puis Jérusalem, la Palestine, Israel s’est fini et a eu cet effet sur moi, de repartir révoltée, intriguée et frustrée.

Et puis il y a eu Haïti, choix conscient et pleinement assumé. Je voulais voir, connaitre ce pays sur lequel j’écrivais depuis deux ans. Naïvement, j’ai pensé que ce serait comme Jérusalem en un petit peu plus dur peut-être, Jérusalem ou le terrain devant chez moi ressemblait à un bidonville, où les enfants jouaient dans les conteneurs d’ordures, Jérusalem où des gens vivaient sans toit, sans eau, et ne savaient pas s’ils pourraient un jour se déplacer librement. Mais aussi Jérusalem et ses cafés, Jérusalem de Tel Aviv, Jérusalem d’Israel pays développé avec une ligne de trame, des autoroutes, des centres commerciaux. Je me suis trompée, et bien trompée. Haïti a été une réelle claque et encore une fois, une révélation, une consécration. Je ne m’étais pas trompée, j’étais bien à la bonne place, là où je devais être. J’ai mis du temps à m’en rendre compte, je me suis même demandé si Haïti n’était pas ma limite, si je ne la touchais pas du bout des doigts, si ce n’était pas trop. Mes trois premiers jours ont été vraiment dur, on m’aurait donné un billet d’avion pour repartir, je l’aurai aussitôt utilisé. Il y a eu cette arrivée de nuit et cette traversée de Port Prince, la chaleur pesante, le tonnerre qui grondait et les éclairs qui éclairaient la ville, les détritus, les sans abris, les bâtiments encore à terre, les gens dans la rue, la misère. Elle était là, bien réelle, elle l’est dans tous les pays où j’ai vécu.

Je suis tombée récemment sur un article qui se demandait si à force de vivre tout « ça », de voir des situations difficiles, on finissait par perdre notre compassion, on finissait par ne plus être touché par les histoires des gens, par des enfants qui mendient (et s’il vous plait, ne leur donnez rien même si ça vous brise le coeur. Donnez à un enfant dans la rue, c’est maintenir cet enfant dans la rue) et je me suis dit que le jour où cela m’arriverait alors, il serait temps pour moi de changer de métier. Il parait qu’on s’habitue à tout, je ne suis pas sure. Je me rappelle de ce petit garçon en pleine campagne cambodgienne qui m’a brisé le coeur, ou de ces dames en Haïti que j’aurai voulu aider à porter leurs bidons d’eau, et tout pleins de situations comme ça.

Je me rappelle exactement quand j’ai choisi que ça allait devenir mon métier. Je lisais un email d’un ami de la famille, déployé pour faire face au tsunami de Banda Ache en Indonésie. Il parlait de la dignité de la population, qui à genoux se relevait déjà et était entrain de reconstruire. En lisant cet email, j’ai su. J’ai su que je voulais aider les autres, et j’ai su comment je voulais le faire. Je savais déjà que je voulais aider les autres, on m’a souvent répété étant petite, que je serais avocate. J’étais toujours entrain d’argumenter, toujours entrain de défendre et toujours entrain de me révolter contre les injustices, aussi minimes soit elles. Je savais aussi que je voulais aider les enfants, me battre pour qu’ils gardent leur innocence le plus longtemps possible.

*J’y reviendrai dans un prochain article si cela vous intéresse. D’ailleurs, n’hésitez pas si vous avez des questions, des choses que vous voulez savoir. 

Les 17 objectifs du développement durable adoptés pour les 15 prochaines années,par les Nations Unies
Les 17 objectifs du développement durable adoptés pour les 15 prochaines années, par les Nations Unies

Août

Aout en images

Le dernier jour de juillet, j’ai posé les pieds en France. Je ne me rappelle plus bien, à part qu’il était 7h du matin et qu’il faisait un peu froid, et que ma valise était un peu lourde. On s’est perdu sur le périphérique et j’ai beaucoup ri. Il y a une pause madeleine et quelques minutes volées au sommeil. Il ne fallait pas trop dormir sinon je n’allais pas pouvoir me remettre du décalage horaire (même si c’est toujours plus facile de ce côté là).

Il y a eu une raclette en plein mois de juillet, et puis on a pris la route pour aller dans ce petit coin de paradis qui m’est cher. Petit coin de paradis dans lequel on se retrouve tous et août s’est faufilé sous mes pieds sans que je ne m’en rende bien compte. Août fut rempli de rires, de sourires, de grandes tablées, de plongeons dans les vagues, de sable entre les pieds, de siestes dans le hamac, de fraises et de tomates cerises du jardin, de melon et de thés sur la terrasse. Août s’est faufilé entre les regards, les embrassades, les heures à parler avec elle, avec lui, avec eux. Août s’est faufilé entre les amis venus me voir dans ce petit coin de paradis, et la famille qui s’est agrandie au fur et à mesure.

Août s’est dissipé dans les sms aux copains, « Je suis rentré mais non je suis pas là», « On se voit bientôt». Dans les « Faudra que tu me racontes », dans les cadeaux distribués, dans les noms de ces villes et de ces fruits que j’énumérais pour leur parler de là-bas.

Août s’est faufilé sous mes pieds nus dans le sable, dans l’océan, dans l’herbe. Entre les parties de raquette et de football. Les soirées à la fête foraine et à manger une glace. Entre les bras de ma maman, ceux de mes neveux et les sourires de mon grand-père. Les taquineries entre cousins et les questions pour rattraper le temps perdu, manqué, retrouvé.

Août fut rempli de barbecues, de fruits, de glaces à la passion et à la framboise. Août fut gourmand et juteux. Août fut rempli de voyages en train, et de retrouvailles entre copines, au bord de la mer, à s’habiller toutes les trois en bleu sans s’être consulté et aller danser sur la plage. Août s’est passé dans ces maisons de vacances, à jouer, aux cartes, aux dominos.

Août est passé avec un sourire grand jusqu’aux oreilles et l’envie de serrer et d’embrasser les miens à chaque moment, à chaque seconde. Août est passé avec la certitude, que j’ai bien fait de rentrer, que ça fait du bien d’être à la maison. Evidence que j’ai prononcée devant le feu d’artifice, feu d’artifice que j’avais manqué ces dernières années, mais que pour rien au monde je ne manquais étant petite, et que pour rien au monde, je n’aurai manqué cette année. Je retrouvais cette sensation d’être à la bonne place, là sur cette dune, à regarder le ciel se parsemer de rouge, de bleu puis de vert, avec les gens que j’aime, les plus petits faisant des « Oh » et «  Ah » et le adultes, des « la belle bleue » et « la belle rouge ».

Les pépites

Je n’avais pas prévu de faire cet article, et puis j’ai lu les mots de Victoire, une fois, deux fois, plusieurs fois, et j’ai relu ses anciens textes que j’avais déjà tous lu, et j’ai retweeté son article, parce que c’est vraiment beau comment elle aligne les mots. Parce que toutes ces blogueuses, que je cite, que je linke, elles m’inspirent. J’en suis admirative pour certaines, la plupart d’ailleurs (et de d’autres que je ne cite pas ici). Pour leur assiduité, leur constance, leurs articles sur lesquels je ne peux m’empêcher de cliquer même en réunion, pour ce sourire que leurs mots mettent sur mon visage. Pour ces mots qu’on s’échange, ses verres qu’on a pu partager. Je pourrais réactualiser leurs blogs toutes les cinq minutes (j’exagère un peu) pour voir s’il n’y a pas un nouvel article, quelques mots qu’elles ont griffonnés par ici, sur la toile. Elles m’inspirent parce que je suis en pleine « restructuration » du blog, j’aimerais être plus présente, changer le design (check), améliorer mon style d’écriture. J’aimerais aussi plus m’écouter, être plus dans l’actif que dans le passif. C’est un peu la nouvelle moi que je voudrais être (et pas que online). Etre plus efficace, productive, aller au bout des choses, de mes projets (et j’en ai pas mal), de mes envies (et j’en ai beaucoup aussi). Avoir l’esprit libre, être libérée (délivrée, pardon) et non pris dans mes inquiétudes, mon anxiété, mes peurs.

A la manière de Célie et Caroline (que je n’ai pas cité ici, mais de qui je pourrais dire tant de belles choses quant à ses photos et ses textes), je vous retrouve tous les dimanches sur la page Facebook du blog pour vous partager les pépites de la semaine, qui j’espère vous plairont (et je vous invite à faire de même en commentaire)(quoi de mieux que de découvrir de nouveaux talents et de nouvelles plumes ?)

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1

Il y a les mots de Victoire, encore et toujours, inlassablement, merveilleusement.

Il y a les recettes de Célie et ses mots aussi, ces sourires de la semaine qui amène un peu plus de douceur (si vous pouvez lire son blog en entier, moi je n’hésiterai pas une seule seconde)(et puis aller jeter un coup d’œil à ces photos prises par Noémi de Trendy Mood)(en parlant de Noemi, faut que vous lisiez son article sur l’escalade ici)(promis je m’y mets vraiment très bientôt et pour de vrai, pas que quelques fois en salle).

3
Il y a les parenthèses de Camille, tous ces mots qu’elles posent là avec brio et dans lesquels je me perds chaque fois. Elle fait partie de ces blogueuses que j’aime lire, et je ne pourrais vous citer un article en particulier, parce que j’aime dès que Camille prend la plume (et sa boutique sur Etsy, filez, cliquez, commandez, mais laissez-moi des affiches).

Il y a cet article de Malvina sur les voyages en bus, mais surtout ses derniers articles comme celui sur Les dernières fois, où la jolie blonde, y met un peu plus d’elle, plus d’émotions et c’est beau, et j’ai été touché.

Il y a les doutes et les questions d’Elodie. Elle nous montre qu’elle aime Montréal et le Canada mais que ça ne lui empêche pas de prendre quelques claques. Parce que c’est ça la vie, se prendre quelques claques mais toujours être là debout, se battre (et quand c’est fait avec de jolis mots comme les siens, c’est encore plus beau).

Il y a cette blogueuse que je voudrais être que Kenza décrit parfaitement (et pareil si vous avez le temps d’aller lire tout son blog, je vous y invite. C’est une mine de conseils sur différentes destinations mais aussi sur l’expatriation en général,(et puis c’est ma copine) même si malheureusement il n’y a pas de recette miracle « préparer une bonne dose de sourire, de confiance en soi, du soutien amical et familial, un billet d’avion, une vie regroupée dans deux valises de 23 kilos et mélanger, avec chance vous vous retrouvez à l’autre bout du monde »).blog

Il y a aussi toutes les jolies tenues de Daphné et de Violaine (si vous saviez comme je suis une frustrée du shopping ici) et ces photos de Céline.

Il y a Alexandra qui est en Nouvelle Zélande, Camille qui vit son aventure à Boston, et Lizzie qui vient tout juste d’arriver en Suisse (avec son écriture douce et touchante).

NB : Toutes les photos viennent des sites linkés ou des profils IG comme pour les deux Camille et Victoire

Mon vélo

Après avoir lu l’article de Camille qui parlait de son vélo, je me suis dit que moi aussi, j’allais vous parler du mien. Mais ça, c’était avant de me le faire voler, devant un restaurant où je vais souvent, et avec mon casque et mes muffins achetés pour le petit déjeuner du lendemain (tout le monde me dit que c’ est à cause des muffins qu’on me l’a volé). Maintenant mon vélo il est rose, et il a un grand panier. Mais ça a été un peu la croix et la bannière pour que j’en ai un autre. Il a fallu changer toute la roue de devant, du moins la chambre à air, et me remettre une vis au panier car sinon il se faisait la malle avec mes courses. Je ne sais pas s’il va continuer sur sa nouvelle lancée et ne pas me laisser tomber sur un grand boulevard mais pour l’instant, je l’aime bien. Et j’ai un nouveau casque aussi, indispensable dans la circulation complètement folle de Phnom Penh. Je ne suis pas très sexy même avec une jupe qui vole, mais que voulez-vous, l’homme de ma vie devra m’aimer avec un casque à vélo sur la tête, du moins à Phnom Penh (et comme je rencontre pas d’hommes de ma vie tous les quatre matins, ça devrait aller)(je suis pourtant pas mal pour faire des listes à rallonge de potentiels hommes de ma vie). Je crois que ce qui m’a le plus mise en colère (à part que c’était la goutte d’eau qui faisait presque déborder le vase, après quelques jours bien pourris) c’est qu’on puisse prendre quelque chose qui ne nous appartient pas. Mince alors, mes muffins (et mon casque)! Ce n’est que du matériel tout ça mais c’est que ça sert pas mal un vélo à Phnom Penh!

Celui d’avant il n’avait pas de sonnette, le nouveau en a une mais je ne m’en sers pas ou pas encore peut-être. Je ne suis pas sure qu’avec le bruit ambiant, on m’entende de toute façon – à voir si ma sonnette fait le poids avec le klaxon des 4×4. Par contre, je n’ai toujours pas de lumière. Phnom Penh c’est éclairé, mais quand même il y des petites rues toutes noires, des voitures qui vont un peu (beaucoup) vite surtout la nuit et beaucoup (vraiment beaucoup) de feux qui ne sont pas respectés. En parlant de ça, j’aime rouler à Phnom Penh, car je ne pouvais pas me déplacer seule à Port au Prince. J’aime parce que je me sens connectée au monde réel pas comme derrière les vitres d’une grosse voiture. J’aime parce qu’il y a les odeurs, les sons, les sourires, les gestes, les paroles (pas mal des miennes entrain de râler) mais en même temps quand on m’a demandé ce qui était le plus compliqué pour moi ici, c’est clairement ça, la circulation. Parce que la circulation est folle, anarchique, désorganisée, et je pourrais vous aligner encore pleins d’adjectifs dans le même genre. Je ne sais pas si la circulation se décrit ici, je crois surtout qu’elle se vit.

Entre les queues de poissons où les gens ne comprennent pas qu’ils font une queue de poisson car ils n’ont pas de rétro alors forcement ils ne m’ont pas vu (le nombre de fois ou j’ai pu râler en leur demandant de regarder dans leur rétroviseur et je me suis aperçue qu’ils n’en avaient pas), ceux pour qui les feux de circulation et les clignotants sont en option (et je me fais klaxonner parce que je m’arrête au feu rouge). Les priorités sont aussi en option et les ronds point, je ne vous raconte pas mais heureusement on en trouve peu. Je peux aussi souvent me retrouver à me faire doubler en même temps sur la gauche et la droite, et puis il y a ceux qui klaxonne, jusque là tout normal, tout le monde klaxonne tout le temps, pour dire « Je suis là », « J’arrive », « Je tourne, attention ». mais il y a ceux qui klaxonnent longtemps, très fort pour dire « J’arrive et je ne compte pas m’arrêter donc à tes risques et périls ». Il y a aussi ces conseils qu’on se repasse entre expatriés, « Surtout ne t’arrêtes pas en cas d’accident car ça va te retomber dessus », et « Surtout ne t’arrête pas quand tu croises la police ». Il y a aussi tous ces boulevards qu’on prend à l’envers, alors même si c’est 500 mètres, on le prend à l’envers; moi la première. Des fois, il faut savoir prendre des risques. Mais c’est aussi parce que les routes et notamment les boulevards sont mal faits et j’ai pas trop envie de faire 2km en plus sous 50 degrés (j’exagère jamais, vous verriez les litres d’eau que je perds à faire du vélo entre midi et deux, vous compatiriez) alors que là ou je veux, c’était juste 500m après que j’ai tourné. Et puis il y a ceux qui portent un casque de vélo sur un moto, et ceux qui n’en portent pas du tout, et je me dois de vous parler du kit main libre cambodgien, où le téléphone posé sur l’oreille et coincé sous le casaque, le tour est joué. On m’avait dit (petit la vie ♪) tu verras Bangkok c’est pire, alors certes la circulation est plus dense, il y a plus de monde (la ville est en même temps plus grande)(mais il y a moins de deux roues) mais c’est organisé. Phnom Penh, c’est un bazar permanent, un foutoir ambulant, ce qui rend la ville attendrissante et qui me fait beaucoup râler sur mon deux roues roses. Je râle en français et je crois qu’il va falloir que j’apprenne à râler en cambodgien (chaque chose en son temps, je peux déjà négocier au marché, parler un peu avec mes collègues, énumérer mes couleurs, compter et lasser mes chaussures ♪)(un bisou à celui/celle qui trouve mes références musicales). 

Je ne vous ai pas aussi parlé des nids de poules qui sont grands comme dans vraiment grands, de ma pédale que j’ai perdu en plein boulevard, de comment les routes ne sont pas appropriées pour qu’un 4×4, un camion, des scooters se croisent et des bisous et hello des enfants que je reçois sur ma bicyclette rose.

Dessins Pinterest

 

Qu’on n’oublie pas (de s’aimer surtout).

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J’écris pour cette gamine que j’étais et que je suis encore, qui se bat envers et contre tout, et surtout les injustices. Depuis longtemps, depuis toute petite. Argumenter, ne pas comprendre pourquoi devrait-on être traité différemment. Vouloir en faire son métier, vouloir défendre tout et son contraire. Chacun mérite d’être respecté dans son entièreté, dans sa personne, dans ses valeurs. Parce que c’est ce qui m’a été inculqué, parce que « non, ne regarde pas ce monsieur de travers », « non, tu n’as pas à avoir peur de sa couleur de peau », « non, son chapeau sur la tête et sa longue barbe ne fait pas de lui quelqu’un de diffèrent ». Parce deux jambes, deux bras, deux yeux, une bouche, un nez, nous sommes les mêmes. J’écris aussi pour la défenderesse des droits de l’homme que je suis et serais. Parce que c’est l’essence même des mes études, l’essence même de mon métier, l’essence même de ce que j’ai aimé apprendre sur les bancs de l’école. L’essence même de celle que je suis.

Je pourrais vous faire un laïus sur la liberté au sens général, sur les libertés, sur la liberté d’expression. Vous dire comment grâce à elle, je peux tenir ce blog, et vous pouvez tenir le votre. Vous dire comment grâce à elle, on retrouve des dizaines de journaux différents dans nos kiosques, de tout bord, et des milliers de chaines d’informations aux quatre coins du monde. Vous dire comment des gens sont morts et meurent encore pour cette liberté. Vous dire comment des gens sont en prison pour voir dessiné, écrit, argumenté, débattu, partagé des idées. Je pourrais aussi vous parler de tous ces textes de lois, ces traités internationaux qui parlent de nos droits inaliénables. Tous ces textes que j’ai pu étudié, tous ces textes sur lesquels j’ai pu m’appuyer, tous ces textes que j’ai pu feuilleter, survoler. Tous ces textes dont j’ai pu m’imprégner. Vous citer la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, ou bien la Constitution française. Vous citer de grands auteurs ou des anonymes. Vous citer Charb ou Voltaire. Je pourrais aussi vous parler des nuances à apporter, de la liberté et de ses exceptions, du délit de blasphème qui n’existe pas en droit français, ou encore du droit à la satyre, du droit au rassemblement, à la liberté de culte.

Je pourrais aussi vous dire que je ne lisais pas Charlie Hebdo. Je le connaissais. Je me rappelais de la polémique, j’avais vu quelques dessins, me rappelaient de certains. Je pourrais vous dire que j’aurai été marché dimanche, j’aurais pris un avion et j’aurais même juste piétiné dans les rues, pas tant que ça pour Charlie Hebdo – même si, que des hommes et des femmes, des dessinateurs, des policiers, des anonymes aient du y laisser leurs vies, me fait un mal de chien et me donne envie de vomir – mais pour l’esprit de Charlie Hebdo comme l’explique ceux qui ont repris doucement mais surement, et avec brio, le flambeau. Pour la liberté, pour les libertés, pour la liberté d’expression. J’aurai levé le poing et j’aurai été surement vulgaire aussi, contre ces gens qui font des amalgames, de la récupération politique, font preuve de racisme ou font de la pub sur ces évènements difficiles. Vous dire aussi que j’aimerais me rattraper, faire le plein de culture, de journaux, de livres, de débats. Je ne vais pas être naïve non plus, ce sera dur. Et j’ai noté la présence de chefs d’Etats et de gouvernements controversés dimanche, comme j’ai noté ce que peuvent ressentir les gars de Charlie, avec un soutien qui arrive trop tard, qui ne leur ressemble pas, ne ressemble pas au journal. Mais je ne retiendrais que ces quatre millions de français, d’anonymes battant le pavé, pour surement différentes raisons, mais qui étaient juste là, réunis. Punaise que j’étais fière. Punaise que c’était beau.

A l’heure, où les « Je suis Charlie » disparaissent, où les photos de profil redeviennent des photos de vacances, de sport d’hiver, de soirées entre amis. A l’heure où la vie reprend ses droits, et où le souffle n’est plus coupé, les yeux rivés sur les chaines et sites d’informations, j’aimerais qu’on n’oublie pas ceux qui luttent pour la liberté, en silence ou sur les devants de la scène, anonymes, chanteurs, poètes, écrivains ou dessinateurs. Qu’on n’oublie pas ces quatre millions et l’espoir.  Je ne retiendrai que l’espoir que cette marche m’a donné et l’envie de débattre toujours et encore, et de ne jamais se taire pour nos valeurs, nos idéaux, nos idées, qu’on soit d’accord ou non, se parler et s’aimer. « S’aimer à tort et à travers ». S’aimer jusqu’aux paillettes et aux papillons. Jusqu’aux larmes de joie. Envers et contre tout, contre la haine, la violence, l’injustice et la bêtise. S’aimer pour la liberté. S’aimer beaucoup, et s’aimer encore et toujours.

C’est fini.

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Il y a des histoires comme ça qui vous poussent à bout, au bout de tout, au bout de vous. Que vous portez à bout de bras, à bout de forces. Des histoires dans lesquelles on pense qu’on a tout donné et qu’on n’aurait pas pu donner plus, qu’on ne pourra jamais plus donner. Il est de ces histoires où on y croit dur comme fer « et si je mens je vais en enfer ». De ces histoires où on s’encastre dans un mur, jusqu’à se faire mal, jusqu’à se frapper la tête contre le mur histoire que ça rentre un peu plus, comme un peu ces pièces de puzzle qui ne sont pas à la bonne place mais sur lesquelles on force quand même. De ces histoires qui, comme un miroir brisé, laissent des fissures. Ces histoires où tout paraît simple avant que l’on s’emmêle, avant que l’on se malmène. De ces histoires dont on pense qu’on ne s’en remettra pas. Jamais.

Et puis, il y a un soir, sur les réseaux sociaux, au détour de quelques photos, dans ce genre de soirée où des fois on consulte son téléphone, un peu mécaniquement, quand la conversation nous intéresse plus trop ou qu’on a un peu perdu le fil parce que tout le monde parle en même temps, un peu fort, un peu de tout et de rien. On jette un coup d’œil à la vie là bas, de l’autre côté du monde, de l’autre côté de l’atlantique, et on comprend qu’il y a quelqu’un d’autre. Une autre fille dans sa vie. Il reste ce pincement au cœur, et un minuscule nœud à l’estomac et la vie ailleurs, ici, qui nous entraine, qui nous emmène. Les autres nous prennent par la main, allez une dernière danse, allez un dernier verre. On repose le téléphone et on repart dans ces conversations qui font rire aux éclats, dans ces conversations un peu trop captivantes qu’on oublie le temps, et l’espace. On se laisse enivrer et de l’autre côté du monde, on nous demande si ça va, parce qu’on a prévenu de ces photos, et en fait on a juste oublié.

J’ai oublié que souvent, avant, ça me coupait les jambes, le souffle. Oublié à quel point mon cœur se tordait à l’idée qu’une autre laisse se balader ses doigts sur son corps. J’ai oublié à quel point ça pouvait faire mal. Je n’ai pas oublié la douleur pourtant, la blessure a été trop profonde, trop intense, trop tout pour que je l’oublie mais je n’ai plus mal. C’est difficile de donner son cœur et se dire que peut-être, il nous reviendra brisé. Et je crois que c’est l’une des pires choses qui puissent nous arriver, sentir son cœur se briser en mille morceaux à l’intérieur de nous. On ne sait pas s’il faudra de la super glue ou du plâtre pour tout bien recoller. Et puis le temps. Et puis la vie.

Plusieurs fois, je me suis demandé combien de temps cela prenait pour réparer un cœur brisé et aujourd’hui, c’est fini. Je peux le dire, je peux l’écrire. Cela s’est imposé à moi comme un fait, un soir où je faisais défiler mon fil d’actualité. Je ne sais pas si tout est bien réparé, tout est bien recollé. Je sais qu’il me reste des souvenirs. De moments heureux, d’instants à refaire le monde, je ne retiendrai que cela. Le temps finira son œuvre et atténuera pour faire disparaître, l’amertume qu’ont laissé les derniers instants partagés, l’amertume de cette barque qui sombre, nous deux à son bord, sans rien pour nous accrocher même pas nos mains, pour nous accrocher l’un à l’autre.

Il me reste pour lui, pour nous, pour ce que nous avons été, pour nos nuits éloignés, nos matins qu’on ignore et nos horizons qui ne se rencontreront plus, une immense tendresse, et je crois aussi que je suis reconnaissante. Reconnaissante de cette tendresse qu’il avait pour moi. Reconnaissante où ce soir un peu chafouin, il est juste venu pour me serrer dans ses bras. Reconnaissante où quand on se déchirait, il m’a délicatement déposé un baiser sur le front. Comme pour me dire que tout allait bien se passer, même si là tout de suite, c’était un petit peu plus difficile que d’habitude, que ça allait l’être encore pour quelques temps, mais que ça finirait par passer. Ma tristesse, mon amour pour lui, notre idéal que je m’étais construit. Comme s’il avait su le chemin à parcourir, les bosses sur la route, les égratignures sur les genoux avant aujourd’hui. Reconnaissante d’avoir su que je pouvais aimer à ce point et d’avoir appris à me relever même si je ne pensais pas que c’était possible.

 Va, vis, vole mon amour.

Les copains.

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Je crois que je ne suis pas facile à avoir comme amie.

Je m’accroche vite (trop vite) aux gens et du coup j’ai toujours besoin d’être rassurée et puis bon il m’arrive d’être un peu jalouse. Je suis aussi difficile quand il s’agit de nourriture alors des fois c’est un peu le casse-tête pour un grand repas mais je suis toujours de bonne volonté quand il faut gouter (enfin je crois). Je suis ce genre d’amie un peu téméraire quand même, qui sur un coup de tête propose de partir loin, au ski, à la mer, faire de l’escalade ou de la slackline. Mais entre ceux qui ont peur du vide et les pas très courageux, je crois que je me dois d’être téméraire pour tout le monde. Parce qu’ils ont été courageux quand je ne l’étais plus, et puis ça me plait plutôt bien, alors je monte sur la slack et tant pis si je tombe, c’est pas très haut de toute façon et puis au moins j’aurai essayé, et ça leur arrive de monter aussi, de me suivre et de faire même mieux que moi, d’aller au trois quart de la slack, ou alors de me dire qu’ils viendront me rejoindre à l’autre bout du monde. C’est aussi une des raisons pourquoi je ne suis pas une amie facile mais qu’ils sont des amis géniaux. Parce que je pars tout le temps, toujours, jamais vraiment au même endroit, toujours là où ça peut être un peu dangereux (et que si je m’écoutais, l’Irak ou l’Afghanistan, même pas peur et alors là, vous devriez voir leurs têtes). Parce qu’ils savent que c’est ma vocation, que c’est ma voie d’aller aider les autres, les plus démunis, ceux qu’on oublie parce qu’un peu trop loin de nous, dans des pays qui font un peu peur. Je ne suis pas une amie facile parce que quand je suis loin, je mets du temps à répondre aux emails, aux whatsapp, parce que je sais que je vais écrire 10 pages et qu’il faut que je trouve le temps et que des fois je me fais embarquer alors j’oublie le skype, les emails et ils s’inquiètent, ils s’énervent aussi. Des fois, ils me malmènent, me tirent les bretelles et jamais je ne leur en voudrais pour ça, parce que c’est ça aussi les amis, c’est nous mettre devant nos fautes, nos erreurs pour qu’on fasse mieux après, plus tard, pour eux pour nous. Ils me remontent les bretelles parce que ça va bien se passer là-bas de l’autre côté du monde, parce que des fois, je veux faire ce qui m’importe et aller là et que ça n’en saura pas autrement, sauf que je ne suis pas toute seule, ou aussi parce que des fois, je ne fais pas bien attention aux affaires. Je ne suis pas une amie parfaite parce que quand je me fais briser le cœur en général ce n’est pas à moitié alors il faut me ramasser à la petite cuillère pendant quelques temps, et ils sont toujours là, avec leurs mots gentils, à me dire que de toute façon c’était un imbécile de ne pas avoir su prendre soin de moi, que je ne dois pas être aussi dure avec moi-même, et que j’ai une volonté de fer. Des fois, je ne sais pas bien où elle se cache cette volonté alors je la cherche dans leurs yeux, dans leurs mots. Et tout de suite, mon petit cœur se met à sautiller, parce que j’arrive souvent à cette conclusion que j’ai les meilleurs amis du monde. J’ai des amis parfaits. Et j’aimerais être aussi parfaite pour eux qu’ils le sont pour moi.

J’ai des amis parfaits pour des tas de raisons, et je pourrai vous raconter des tas d’exemples, comme quand ils m’ont suivi en vacances parce que sinon je me serai effondrée, quand elle a décroché son téléphone alors que j’étais en larmes au petit matin sur un quai de gare, quand elle a souri aussi fort que moi si ce n’est plus, quand je lui ai appris que je repartais. Ou alors quand il a dit qu’il avait hâte de me voir. Ce sont ce genre d’amis qu’on appelle quand on se casse le pied pour nous emmener aux urgences, et ceux qui viennent vous chercher après votre opération des dents de sagesse. Ce sont ceux avec qui on organise le nouvel an et les anniversaires même si on sait qu’à chaque fois c’est un peu la galère mais que ça en vaut la peine. Ce sont ceux qui me lisent des fois par ici, le matin au bureau, le soir, entre deux pauses. Ce sont ceux avec qui on part en road trip aux Etats Unis et avec qui on en prévoit en Asie, ou en Amérique du Sud.

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Cet article c’est aussi parce qu’il y a eu ce weekend au bord d’un lac à la montagne (et ce dimanche pluvieux mais passé avec les copines et cette envie dingue d’aller faire de l’accrobranche sous la pluie battante, mais finalement juste s’asseoir sur un banc et refaire le monde) et que c’était juste un peu parfait. Alors je n’étais pas trop partante. C’est mon côté courageuse mais pas téméraire. J’avais peur de devoir faire de la randonnée, alors que tous les docteurs me l’ont interdit, j’avais peur d’avoir froid et je crois que j’avais peur d’être avec eux parce que la dernière fois, ça ne s’était pas très bien passé, alors j’avais une légère appréhension mais les copines m’ont un peu poussé « Mais tu sais pas quand tu les reverras » « et c’est pas si terrible que ça » et puis j’y suis allée, j’ai retrouvé les copains. On s’est tout de suite installer en terrasse pour boire un verre et parler de la vie qui passe, des nouveaux projets, des diplômes qu’ils ont enfin obtenu. On a trinqué à nous, au temps qui passe qui nous fait devenir des grands et on a regardé le foot, parce que la France allait se qualifier en huitième quand même. On est parti ensuite au bord de ce lac, j’avais empaqueté un short, un tee-shirt et mon maillot de bain. Et ce fut un merveilleux weekend.

Et puis il y a les rencontres sur twitter et de la blogosphère, ces filles, avec leurs gentils mots, qui des fois pansent l’âme, et les infèrieur trois qu’on envoie quand on est un peu chafouin. Il y a les tweets à base de « câlin » parce qu’on est un peu loin mais qu’on aimerait bien les prendre dans nos bras. Je ne pensais pas faire d’aussi belles rencontres. 

Mahé et moi – Atelier des jolies plumes #1

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Pourquoi, comment, je ne sais pas trop. Ça c’est un peu passé comme ça, comme quand on ne s’y attend pas. J’étais là, sur les quais, les pieds suspendus au dessus de la Seine, à ressasser le passé, quand Mahé est apparu. Il voulait un tire bouchon, je n’avais pas vraiment envie de parler, alors il s’est installé là, et il s’est mis à regarder l’horizon avec moi. J’ai tout de suite su que je ne serai plus jamais seule. Je ne connaissais rien de ce garçon, il ne connaissait rien de moi, et pourtant il avait décidé de laisser tomber ses amis et sa bouteille de vin pour regarder les péniches défiler sur la Seine avec moi. Il m’expliqua plus tard qu’il avait été touché par ma tristesse. Il avait planté tout le monde et était resté avec moi, peut être une heure, peut être plus, je ne sais pas bien. Je ne me rappelle plus l’enchainement des évènements. Je sais qu’il m’a pris la main, et que j’ai fini par sourire. Que j’ai tout de suite aimé son prénom et que je venais de laisser couler quelques larmes sur la porte de mon appartement que mon ancien amour venait de fermer sur nous. Je me souviens des cerises du marché et des touristes heureux, se bousculant, s’excusant, et qui en oublieraient presque le ciel parisien qui se pare de rose, et Notre Dame de jaune et d’ocre. Je ne me souviens plus bien de qui de nous deux dit le premier mot. Qui de nous deux mit des mots sur cet horizon que l’on avait trop longtemps fixé, à deux. Voilà maintenant, mes deux mots favoris : à deux. Parce qu’avec Mahé, je n’étais plus seule. Mahé c’est cette personne qui vous rend plus belle. C’est cette personne qui croit en vous plus fort que toutes les autres réunies, et qui vous porte de la seule force de son amour. Mahé, il croit en la beauté du monde et en celle de l’être humain. Pas une seule seconde Mahé n’a douté de son choix de rester près de moi ce soir là, et j’étais pourtant loin de me jeter dans la Seine, comme je l’en assurai par la suite. Je crois juste qu’il avait compris. Il avait compris la fissure dans mon cœur. Mahé, il avait compris que le temps est le seul allié et depuis il s’évertue à me promettre que tout passe, tout sans aucune exception. Ses bras sont devenus mon refuge quand le brouillard se fait trop épais, quand la barque fait naufrage. On croise beaucoup de personne dans sa vie pour n’en rencontrer que très peu. Je crois que Mahé est une de ces belles rencontres qui vous poussent vers le haut. Une de ces rencontres dont on ne sort pas indemne. Mahé m’a bousculé, touché, bouleversé. Il a appris à m’aimer dans mon entièreté, j’ai appris à aimer chacun de ses minuscules défauts, et ses fossettes au coin des joues. Un peu par hasard, un soir d’été, ma route a croisé celle d’un amoureux de la vie. Un peu par hasard, il est devenu le Mahé de Léa, et je suis devenue la Léa de Mahé. Comme un coup de tonnerre, comme la foudre, un peu par hasard.

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Première fiction (que j’ai eu beaucoup de mal a rédiger)(et je n’en suis pas encore tout à fait convaincue) dans le cadre de l’Atelier des jolies plumes (atelier d’écriture entre blogueur-ses, avec un thème différent tous les mois)

Si vous êtes intéressé-es, n’hésitez pas à nous glisser un petit mot par ici : latelierdesjoliesplumes@gmail.com

Les jolies plumes et leurs participations : Carnet positif – Envie de poésieI feel blueLizzie AustenMademoiselle CoquelicotMaman en devenir – Ma vie de bruneMiss BlemishRose doit s’épanouirTous ces gens dans ma têteXelou