Les soirs d’été

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Il y a les rires, et les tintements des verres, on entend les couverts sur les assiettes et surtout ce brouhaha ambiant fait de toutes les discussions, de ces terrasses sur le bout du trottoir, des blabla des enfants, des « non » des parents, des bruits de scooter sur le boulevard, et des fois la cloche de l’église, les mouettes aussi on ne dirait pas comme ça à Paris, et le cri des hirondelles qui se chassent. On n’entend pas le coursier qui pédale pour aller livrer son plat fraichement commandé par des amoureux affalés sur un lit, par des amis devant un jeu vidéo, par une personne seule qui s’est laissée tenter. Il y a le bruit d’une radio, une porte de voiture laissée entrouverte le temps de sauter du taxi, de faire descendre maman et bébé, ou juste une fenêtre un peu trop ouverte, une radio un peu forte, la voiture à l’arrêt le temps de redémarrer car ça bouchonne des fois, les soirs d’été dans les petites rues où les pavés ne sont pas loin, où l’on entend les claquements des talons et les jupes voler.

Un de ces soirs

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Où la nuit se fait un peu plus profonde, un peu plus noire, où les draps ne suffisent plus à remplacer la couette. La pluie s’est remise à tomber alors qu’elle s’était faite absente depuis quelques semaines. C’est un de ces soirs où on se dit que ça aurait fait un an, et que ca aurait peut-être bien pu marcher. Un des ces soirs, où l’hiver n’est pas tout à fait là (et ne le sera jamais vraiment), mais où il fait bon d’enfiler un gilet quand même. La petite brise va rappeler le bord de mer de l’océan atlantique dans cette maison aux volets verts qui a abrité mon enfance. Un de ces soirs, où je pourrais envoyer des emails à des gens à qui je devrais (ou pas) en envoyer, où le décalage horaire dérange un peu trop, et que la distance est un peu lourde à porter. Ce sont ces mélodies au piano qui résonnent, et cette bougie que j’aimerais allumer. Ce chocolat chaud et ces quelques marshmallows m’attendraient avec un plaid. Un de ces soirs, où il me manque un peu trop et où Noël paraît loin, loin parce qu’ici, Noël ne ressemble pas à Noël. Les sapins sont de sortie, les chocolats aussi, mais il n’y a pas ce froid qui te fait rougir les joues, et te fait te cacher le nez dans ton écharpe. Un de ces soirs où les jours commencent à compter. Je rentre bientôt, un peu trop tôt peut être, je ne sais pas. Un de ces soirs où on imagine la tablée de Noël, et son repas festif. Ces embrassades et ces quelques mots murmurés à l’oreille. Leur dire que je les aime, que j’ai de la chance de les avoir, qu’on a de la chance de s’avoir. Un de ces soirs qui n’appelle que deux bras pour se blottir dedans. Où mon dos fait des siennes, un peu bloqué à cause du sport (quand je vous disais, que je ne faisais pas les choses à moitié). Un de ces soirs, où mon corps sent le chocolat (ou peut être le beurre de charité, je ne sais pas vraiment) où j’enfile un jean et un tee-shirt blanc, en mettant quelques barrettes dans mes cheveux. Un de ces soirs, où je file au restaurant et que ca fait un tout petit peu du bien quand même, et où la pizza et les fraises à la chantilly vont apporter un peu de réconfort. Un de ces soirs où tout est un peu compliqué. Compliqué de devoir finir d’écrire ce mémoire, et compliqué d’être un peu là bas et un peu ici, en même temps.

Un des ce soirs, un peu comme ca, pas tout à fait assez.